fév
15
2009
9

Le goût de la photo … pour des photos … Miam !

Silvia du blog Savoirs & saveurs a rédigé ce billet tout spécialement pour le blog de Topmiam. Si vous ne connaissez pas son blog, allez y faire un tour. Vous comprendrez immédiatement pourquoi je l’ai mise à contribution ! Ses photos sont superbes, appétissantes, vivantes … Une totale réussite, à mon avis, au regard de ce qu’elle nous explique dans ce billet. Quant à sa cuisine, Mamma mia !!! Molto buona, molto apetitosa … Nelle sue ricette si può raggiungere l’orgasmo culinario. ;)

Le goût de la photo (pour des photos…. Miam !) par Silvia

(photo de Thanh Nguyen http://www.tranches-de-vie.fr/2007/11/04/le-gout-de-la-photo-2.html)

Quel est le « plus » indéfinissable qui nous fait aimer une photo culinaire plus qu’une autre ?

Personnellement, j’aime les photo qui ont du goût, pas seulement celui caractéristique d’une image jolie (bonne lumière, bon cadrage, belle netteté, etc.) mais celui sensoriel. J’aime les photos qui, en plus d’être belle, arrivent à faire vivre le plat qu’elles représentent, celles qui font saliver en réveillant les papilles juste en regardant l’image.

Une photo culinaire peut être parfaite du point de vue technique, mais si elle ne donne pas envie de goûter le plat qu’elle représente, elle reste froide, comme une image clinique.

Mais quand une photo culinaire, en plus d’être techniquement bien faite, nous fait venir l’eau à la bouche, elle nous transmet son goût. Et ce n’est pas seulement le goût propre à l’un des cinq sens, mais c’est quelque chose avec une signification plus large, qui touche aussi au sens de la vue et du toucher, c’est quelque chose capable de nous donner des sensations et des émotions.

Cela dépend surtout de l’oeil du photographe qui est l’intermédiaire entre le plat et ceux qui en regardent sa représentation sur une photo.

Voilà pourquoi à mon avis, une photo culinaire faite par qui aime la cuisine (en plus d’aimer faire des photos), et encore plus par qui fait la cuisine, est une photo qui sait parler à nos sens.

A propos de la photographie, moi aussi je pense que « la photographie, c’est surtout quelque chose de personnel qui reflète notre “sensibilité » comme le dit Claude-Olivier dans son billet . Donc, a part les connaissances techniques (tout de même nécessaires pour maîtriser ce sujet), réussir une photo - à mon avis - c’est surtout une question de « feeling » et d’émotion, car la photo représente le point de vue du photographe et sa capacité de transmettre et de susciter des émotions et des sensations, en plus de vouloir montrer quelque chose.

La photo est un mix d’éléments objectifs et subjectifs: la technique (bon cadrage, lumière etc.) associée au sens (l’histoire que la photo raconte, ce qu’elle nous fait percevoir, l’émotion qu’elle dégage…).

Je suis une passionnée de photographie et photographe amateur et avec ce billet je veux partager avec vous quelques idées issues de mon expérience personnelle, faite à force de prendre des photos culinaires et de chercher de m’améliorer (tache toujours en cours ;) ).

Je suis d’accord avec Eleonora quand elle dit que plus l’on prend de photos et plus l’on s’améliore. Et j’ajouterais que plus on analyse ses propres photos, plus on les regarde avec un sens critique (et autocritique ;) ), sans rester sur ses acquis, plus on a la possibilité de progresser (..comme dans la cuisine et beaucoup d’autres domaines).

Un autre exercice que je me sens de suggérer (car je le pratique :) ) c’est celui de regarder les photo des autres (professionnels ou amateurs qu’il soient - Topmiam c’est déjà le bon endroit où faire cet exercice!) pour en cueillir les styles et les points de vue différents. Et quand on aime particulièrement les photos des autres il n’y a rien de mal à s’en inspirer: c’est un autre exercice qui permet de s’améliorer, tout en gardant son propre « oeil » et son propre style de reprise.

Comment je prend mes photos culinaires : je pense qu’après les premiers tâtonnement, à force de prendre des photos chacun développe sa propre méthode, l’important c’est le résultat.
Celle que j’ai trouvé (de façon instinctive, une photo après l’autre) est la suivante :

Tout d’abord, avant de prendre ma photo, je l’imagine dans son ensemble, comme s’il s’agissait d’un tableau. Après, je prépare le set comme celui d’un tableau, et quand je vais prendre ma photo, je cherche à la cadrer dans son ensemble (sujet + son environnement, premier plan + arrière plan).
Je me concentre pour voir tous les détails de mon cadrage, en premier comme en arrière plan et je cherche à le soigner pour prendre une photo qui n’aura pas besoin d’être recadrée avec un logiciel.

Les étapes principales :

  • Je pars du sujet (le plat) que je veux représenter et je fais attention a ce qu’il me raconte (de quoi il parle ? Quelle est son atout ? Quel est sa caractéristique gustative ?) Prenons par exemple une omelette: qu’est-ce qui la rend belle à la regarder ? et appétissante ? Sa texture ? Son moelleux ?  Sa couleur ? Le fait qu’elle est juteuse à l’intérieur et légèrement croustillante à l’extérieur ? Et ainsi suite….
  • De quoi le contexte de mon sujet me parle t-il ? Par exemple, une soupe au choux nous évoque l’hiver, l’envie de se réchauffer, alors qu’une glace nous communique l’été, la chaleur, la bonne humeur…. je cherche à me baser sur ces types de sensations pour après construire ma mise en scène.
  • Quel est son environnement ? Avant de passer à la mise en scène, je me demande: qu’est-ce que je veux représenter autour de mon sujet ? Et en arrière-plan ? Et si l’environnement existe déjà (ex. dans un restaurant) je cherche à ne pas le négliger, mais à l’intégrer dans « l’histoire » que je veux raconter avec ma photo.
  • La mise en scène : pour mettre en valeur un plat, je fais attention à choisir des nappes et de la vaisselle neutre et surtout en accord avec le contexte du plat (point 2) et son style : un plat raffiné veut en général une vaisselle fine, un plat rustique veut une vaisselle plus rustique, même une planche en bois (les exemples sont très subjectifs, je vous laisse les trouver…). Dans les photos, la vaisselle avec des décorations étouffe les plats (le regard est détourné sur la décoration). C’est pour cela que si on veut concentrer le regard sur le plat, il vaut mieux choisir de la vaisselle neutre. (deux exemples de vaisselle neutre ci-dessous)

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  • Le cadrage : le cadrage peut être statique ou dynamique. Dans le premier cas le sujet et son environnement sont encadrés en suivant des lignes verticales ou horizontales, dans le deuxième cas, le sujet et son environnement suivent des lignes diagonales. Cela dépend des cas, mais je préfère des cadrages dynamiques. Par exemple, dans la photo ci-dessous, je me suis amusée à croiser les diagonales: celle de la serviette dans un sens, celle de l’assiette dans l’autre, et ainsi de suite à croiser une diagonale après l’autre, jusqu’à celles des pâtes en arrière-plan.

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Un conseil : pour contrôler le cadrage, il faut bien regarder tout ce qu’il y a à l’intérieur de notre cadre (quand on regarde dans l’oculaire du viseur de l’APN), jusqu’au moindres coins. Comme ça on peut se rendre compte s’il y a des éléments qui ne devraient pas être dans notre cadre (une plante, le bout d’une casserole, un sachet, et quelconque autre objet qui n’est pas en relation avec la photo qu’on veut prendre).

Deux petites règles de base : si l’on s’approche du sujet, on met en évidence les diagonales, si on s’éloigne on écrase les images. Selon ce que l’on veut représenter avec notre photo, on choisira de se rapprocher au sujet ou de s’éloigner.

  • La mise au point : une photo raconte généralement une chose à la fois, en suivant un diagramme hiérarchique où la chose plus importante est mise en valeur (et bien mise au point) et les autres choses sont des informations secondaires qui peuvent être « floues ». Mais où et quoi mettre au point ? Cela dépend toujours de ce que l’on raconte et surtout, d’où l’on veut attirer le regard. On met donc au point ce que l’on est en train d’observer (l’ensemble de mon sujet ou un détail sur lequel je veux attirer l’attention). L’environnement qui se trouve en arrière ou en tout premier plan ou des détails pas importants, peuvent être « flous ». Je peux  alors raconter mon plat en entier, comme en raconter juste une miette …

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Lumière, contraste et couleurs

La lumière : dans la mesure du possible, comme source de lumière principale pour prendre mes photos, je privilégie celle du ciel, en extérieur. J’évite le soleil direct et je préfère le ciel avec des nuages (..alors je ne devrais pas me plaindre du ciel de Paris ! ;) ) en choisissant les heures plus lumineuses de la journée (et à Paris l’hiver il y a trop peu de lumière, je m’aide alors avec de l’éclairage).
J’évite le soleil direct car en règle générale, plus une source lumineuse est petite et plus la lumière sur notre sujet est dure (passage net entre les zones d’ombre et celles de lumière) et plus une source lumineuse est vaste, plus la lumière est douce (passage dégradée entre les zones de lumière et celles d’ombre). Oui, mais le soleil est énorme, me direz-vous. C’est vrai, mais en terme d’illumination photographique, le soleil est considéré comme un point vu sa grande distance de la terre. Le ciel sans soleil est une source lumineuse plus vaste qui permet d’illuminer plus doucement les sujets de nos photos. Cela car la lumière dure produit des ombres marquées, alors que la lumière douce produit peu d’ombres, diffuses.

Être sensible à la lumière permet de la choisir en fonction de ce qu’on veut représenter et raconter dans la photo (par exemple, pour un plat on privilégie généralement une lumière douce, mais pour un effet théâtrale – Hamlet avec son crâne – on choisira peut-être plutôt une lumière dure).
Photographie, signifie « écrire avec la lumière ». Dans une photo, c’est la lumière qui « crée » l’image et lui donne vie.

Le contraste : c’est la différence entre les zones de lumière et celles d’ombre. Il est important pour modeler les formes et leur donner du volume. Le contraste, en accord avec la lumière, aide à mettre en valeur les éléments qui composent une photo.

La couleur : la perception des couleurs est très subjective, car en plus de ce qu’on voit, elle dépend aussi de notre humeur, notre caractère, la situation, les  modes, etc.
On perçoit les couleurs les unes en rapport avec les autres : une couleur nous semblera plus claire à coté d’une couleur plus foncé et vice versa.

En grandes lignes, si on veut détacher le sujet du fond il faut le mettre dans un environnement d’une couleur qui contraste avec celui du sujet (ex. sujet foncé = fond clair et vice versa), mais si on veut immerger un sujet dans son environnement on choisira un fond de la même couleur (ex. Une panna cotta qui est blanche sur un fond blanc).

Dans les photos d’exemple ci-dessous, à gauche j’ai voulu immerger le sujet dans son environnement, j’ai donc choisi un fond de la même tonalité que les biscuits. Dans la photo à droite j’ai voulu détacher les chocolats du fond, j’en ai choisi donc un clair, en contraste avec la couleur des chocolats.

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On choisit les couleurs donc en fonction du rapport entre le sujet et le fond.

Plus un sujet se détache du fond et plus il est visible, plus il se mélange avec le fond et plus il devient invisible. C’est pour cela que dans la photo ci-dessus (celle du haut) même si j’ai voulu immerger les biscuits dans leur environnement en choisissant un fond de la même couleur, je les ai séparé du fond avec une serviette blanche (sinon ils auraient été trop camouflés, donc invisibles).

Quant à la quantité de couleurs à mettre dans une photo, ceci aussi dépend de ce que l’on veut raconter. Dans la photo ci-dessous par exemple, j’ai voulu donner un air de fête, de vacances, en jouant avec les objets colorés en arrière-plan (les fleurs, la nappe avec le coin bleue…)

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Alors que dans la photo ci-dessous je voulais raconter l’hiver …

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Je vous avoue que je ne fais pas toutes ces analyses avant de prendre mes photos, je suis surtout mon humeur, et ce que le sujet que je vais représenter m’évoque.
Les analyses je les fais plutôt après (comme je disais au début de ce billet) en cherchant à comprendre si avec ma photo j’ai obtenu ce que j’avais imaginé ou pas (car il y a des fois où on n’arrive pas tout à fait à faire la photo qu’on avais imaginé).  Dans ce cas, je vais me rappeler de  mon ratage pour essayer de ne pas le refaire à la photo successive.

Voilà. Même si c’est un plaisir parler des photos, je vais m’arrêter là pour ne pas trop allonger ce (déjà long) billet. Ceux que je vous ai montré, ce sont les exemples de ce que je fais. La mienne n’est évidemment pas la seule manière de faire, il y a beaucoup d’autres voies pour prendre des « Miam-photos » dont peut-être la votre. L’important c’est d’être curieux :)

écrit pas Silvia, www.savoirsetsaveurs.com

fév
04
2009
6

“Quand il est question de technique en photo” par Claude-Olivier du blog 1001 Recettes

Claude-Olivier a publié sur son blog 1001 Recettes, il y a quelques temps déjà, ce billet très intéressant où il explique dans le détail comment il prend ses plats en photo. Et quand on connaît son blog, on s’est forcément extasié sur ses photos (et ses recettes !). :-o
Comme j’aimerais beaucoup faire d’aussi belles photos que lui … Je l’avais lu avec attention et l’avais trouvé très instructif : beaucoup de conseils et d’astuces, que je suis sure, vous avez ou vous apprécierez … Quant à arriver au résultat espéré, c’est évidement une autre histoire ;)

Alors, au cas où vous auriez raté ce billet “Quand il est question de technique en photo” du 11 novembre 2008, Claude-Olivier m’a très gentiment autorisé à le re-publier sur le blog de Topmiam.

Ce billet, cela fait un moment que j’y pense…Mais quel sujet sensible et épineux! Je reçois régulièrement des mails me posant des questions techniques, me demandant des conseils pour le choix d’un appareil photo numérique (APN dans le reste du texte). J’essaie d’y répondre au mieux, avec mes connaissances. Alors pourquoi ne pas tout regrouper et y consacrer un billet ?

Je suis un photographe amateur et la photo est l’une de mes passions, rien de plus. Mes connaissances proviennent, des livres et revues que je lis régulièrement et des différents cours que j’ai pris. Mais surtout de mon expérience personnelle: rien de tel que la pratique pour se faire la main, comprendre, essayer et tester. Faire des milliers de photos pour trouver son style, sa façon de faire…Deux personnes devant le même paysage auront certainement 2 visions différentes de la chose. La photographie, c’est surtout quelque chose de personnel qui reflète notre “sensibilité” et notre intérêt face à un sujet.

Ce billet est là pour vous expliquer comment JE photographie mes plats, essayer de vous expliquer MES choix. Ce n’est en aucun cas la seule manière de faire, bien au contraire ! J’ai aussi décidé de ne pas faire un billet trop technique, c’est un choix personnel. Si vous avez des questions plus techniques, vous pouvez toujours m’envoyer un mail et je vous répondrai (dans la mesure du possible) avec plaisir. On y va ? N’hésitez pas à cliquer sur les photos pour les agrandir au besoin !

L’outil indispensable, l’appareil photo: Sujet très délicat car tout le monde n’a pas le même matériel. Par contre, je suis certain qu’on n’a pas besoin d’un appareil reflex pour faire de très belles photos. Les petits APN ont fait d’immenses progrès et donnent de très beaux rendus. Ne changez donc rien! On me demande souvent ce que j’ai comme matériel, voici donc ce que j’utilise le plus souvent pour mes photos

Boitier Nikon D300 avec grip (MB-D10) pour les photos verticales, un vrai plus
Objectifs de prédilection pour mes photos de plats : Un Nikkor 50mm f1.8, un Sigma 18-200mm f3.5-6.3 OS (stabilisé) et mon nouveau Sigma 105mm f2.8 macro (on en reparle après)
Trépied Manfrotto 190XB et tête rotule rapide
Déclencheur à distance

Mais l’appareil n’est qu’un outil. Certes il compte aussi dans la qualité de la photo, mais l’élément essentiel, c’est celui qui appuie sur le déclencheur et qui a composé sa scène…Pour vous dire, la photo de mon APN a été prise avec l’appareil intégré à mon…téléphone mobile, 3Méga pixel…comme quoi ;-)

La clef du succès: La lumière: Vous avez beau avoir le meilleur APN du monde, sans lumière, point de photo! C’est un élément essentiel pour avoir un beau rendu. Quelle soit naturelle ou artificielle, la lumière doit être suffisante pour faire des photos sans trépied. Je privilégie la lumière naturelle du soleil qui a un rendu plus généreux et agréable que la lumière artificielle. Mais ceci n’est pas sans conséquence: Devoir cuisiner pendant la journée et non pas le soir, cela devient encore plus dur l’hiver avec nos jours très courts. Lorsque ce n’est plus possible, j’emploie une ampoule spéciale ( AMPOULE SB28, 5200K) qui diffuse une lumière proche de la lumière naturelle.

Gérer cette lumière, la balance des blancs: Terme technique qui n’est pas très compliqué mais qui est extrêmement important. N’avez vous jamais été confrontés à des photos beaucoup trop bleutées ou, au contraire, beaucoup trop oranges? C’est à cause de la balance des blancs. L’œil humain est beaucoup plus complexe qu’un APN et notre cerveau permet d’ interpréter les signaux que reçoit notre rétine. La lumière est (souvent) blanche, quelque soit la source. L’appareil photo n’a pas cette capacité! C’est à l’utilisateur de choisir son mode, qui est présent sur tous les APN: Lumière tungsten, ampoule à filament, lumière du jour, lumière flash, nuageux, autant d’options qu’on peut choisir. Certains APN ont aussi une fonction automatique, qui choisira pour vous…à vos risques et périls ;-) Rien de telle qu’une photo pour illustrer ceci:

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La même photo réalisée avec les différentes balances de blanc: Vous voyez bien la différence entre les différents modes! Et petite astuce, ne négligez pas ce choix en vous disant qu’on peut tout retoucher avec un programme par la suite! Il y a bel et bien une perte d’information dans votre fichier jpg! La photo sera peut être mieux après retouche, mais pas forcément naturelle (ce n’est pas le cas pour les fichiers RAW qui ne sont pas affectés par ceci, mais tous les appareils ne peuvent pas produire des fichiers RAW).

Pas assez de lumière: Flash ou pas flash? Personnellement, j’évite au maximum l’emploie du flash en cuisine. Pourquoi ? Car j’ai souvent des plats blancs qui reflètent fortement la lumière. Mais bien utilisé, le flash peut être un outil très utile pour dégager certains parties sombres. Rien ne vous empêche de prendre une photo avec le flash pour voir le résultat.

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Ici un exemple sur un récipient en verre, matière qui réfléchit fortement l’éclair produit (on voit une tache blanche sur la bas de la bouteille). Notez au passage que la balance des blancs a aussi changé lors de l’utilisation du flash.

Choix de l’environnement, sobre ou chargé?: Je vous parlais des assiettes blanches juste avant, la vaisselle et le cadre est aussi important dans la composition de la photo. Pour ma part, j’emploie souvent de la vaisselle sobre, blanche et sans fioriture. Ce qui me permet de jouer avec le contenu, les formes et les couleurs variées. Pareil pour mes “environnements” souvent composés juste d’un set de table simple. C’est un choix personnel, en aucun cas la seule manière de faire.

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Pour illustrer ceci, la même bouteille sur un fond sobre ou un fond beaucoup plus bariolé. Les deux photos sont “réussies” mais la bouteille ressort beaucoup plus sur le fond sobre. Après, c’est une question de goût personnel et de ce qu’on veut faire ressortir dans la photo.

Statique, dynamique, le cadrage: On a souvent l’habitude de faire des photos soit à l’horizontale (format paysage) ou à la verticale (format portrait). Rien n’empêche de varier et faire des photos de biais. Attention cependant au cadrage !

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Dans mon cas, trois cadrages différents. Le premier, un cadrage standard, verticale qui donne une image statique et très détaillées. Pas vraiment “d’émotion” ici si ce n’est une photo bien cadrée. La seconde est cadrée plus proche, on “entre” plus dans le produit. Mais attention, le texte n’est plus complet du coup…cela peut être un choix, mais il doit être décidé! Un angle peu commun pour la 3ème qui donne une impression plus dynamique. J’aime bien ce type de cadrage mais là encore, le mot pistache est fortement coupé…Tout dépend de ce qu’on veut montrer, une fois de plus!

La profondeur de champ ou comment mettre en valeur un plan: Sujet technique et mathématique, je vais essayer de faire simple ;-). Sur cet exemple, 3 photos réalisées exactement du même endroit (l’appareil était sur un trépied) et une mise au point de la netteté toujours au même endroit, à savoir sur le mot “vierge”. Vous voyez cependant que sur la première image, seule la bouteille au premier plan ressort, le reste de la photo étant flou (on n’arrive pas à lire le texte sur la bouteille orange, le mur du fond est très flou). Sur la seconde, le fond devient plus net, le flou diminue. Le flou est même absent sur la dernière photo, le mur et le texte étant très précis.

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Tout ceci est une question de profondeur de champ! Très courte sur la première photo, étendue sur la dernière. Il est possible de jouer sur cette profondeur avec les appareils munies d’une fonction “A” dans les prises de vues: A = Aperture en anglais, l’ouverture. Elle se note avec un f….. Plus le chiffre est petit (f1.8, f2.8), plus l’ouverture est grande, plus la profondeur de champ est réduite. Inversement, un petite ouverture (grands chiffres f14, 22 et plus) donne une grande profondeur de champ…On peut donc jouer la dessus pour obtenir des jolis flous sur l’arrière de la photo, voir même devant et derrière. Pour ceci, rien de tel qu’un peu de pratique ;-) Et si vous voulez plus d’info, vous trouver plusieurs topics sur ce phénomène optique sur le net!

Photo, brute de décoffrage ou retouche ?: Le terme qui tue, retoucher une photo! Il ne faut pas croire que cela veut dire “bidouiller” la photo pour donner un résultat qui n’est pas du tout comme l’originale, mais plutôt comme une étape de post-traitement nécessaire pour profiter un maximum de vos photos. Le jpg est un fichier comprimé qui a perdu certaines informations. Il donc souvent bon de regarder un peu la photo et de voir si on peut la rebooster un peu en corrigeant le contraste, la balance des blancs ou la dynamique (histogramme) de l’image.

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Ici, la première photo est une photo sortie directement de mon APN, sans aucune modifications. J’ai fait exprès de mettre la lumière proche et choisir une grande ouverture (f2.8) qui donne cette image un peu blanchâtre, flou sur les côtés. Une photo bof, n’ayons pas peur des mots. La même photo recontrastée et correction sur l’histogramme. Un rendu bien plus flatteur, des couleurs plus singulière et une image plus nette. Aucune triche la derrière, juste un post traitement. Et pour finir, ma préférée, une image noir et blanc qui donne très bien, la couleur n’apportant pas grand chose à la photo (dans ce cas précis). On voit très bien que la bouteille est vide sur les images en couleurs, ce n’est plus le cas avec la photo en noir et blanc. C’est juste un exemple avec une bouteille et non pas un plat…les couleurs sont surement moins important. Mais le noir et blanc fait aussi ressortir d’autres choses. Alors pourquoi ne pas essayer, cela coûte rien grâce au numérique!

Un mot bien mystérieux, la macro: Ah, que ce sujet peut me faire réagir…tout bonnement car ce mot est très souvent utilisé à (très) mauvais escient. Des objectifs macro, des options macro…tout ça pour dire que l’appareil ou que l’objectif peut faire des photos proche du sujet…rien à voir avec la macrophotographie! La vraie macro produit une image avec un rapport 1:1, ce qui n’est pas le cas sur les petit APN ni sur la plus part des objectifs soit disant macro! La macrophotographie s’utilise principalement pour faire des photos d’insectes, de fleurs ou autres très petites pièces.

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Mon objectifs 105mm est un vrai macro, je peux aller jusqu’au rapport 1:1. Voilà une photo d’une pièce d’un euro, avec un rapport standard pour commencer, puis la photo en 1:1. Voyez la quantités de détails! Rien à voir avec une fonction pseudo-macro. Remarquez aussi que le fait de recadrer une image peut l’agrandir! Cependant, la qualité et la définition doivent être présentes au départ car cela ne va pas s’améliorer en agrandissant (gros pixels pas nets). La vraie macro n’est pas employée en photographie de nourriture, il n’y a pas d’ intérêts de voir autant de détails sur un aliment !

Je pourrais encore vous parler des heures des photos, de techniques, de formules mathématiques ou de phénomènes optiques mais ce n’est pas le but de ce billet! Je le redis, voici ma façon de travailler, un exemple de ce que je fais. Ce n’est en aucun cas la seule manière de faire, bien au contraire ! A vous maintenant de tester et voir si cela peut vous être utile. La photo doit aussi rester un plaisir, alors amusez vous ;-) ! Et si vous voulez voir d’autres photos que celle de plats, c’est par ici ;-)

Claude-Olivier 1001 Recettes

jan
29
2009
19

Les conseils d’Eléonora pour de belles photos culinaires

Eléonora, dont le blog Au fil de mes rêves d’amour affiche toujours de superbes photos, vous donne quelques conseils pour réussir vos photos culinaires :

“Avant toutes choses, il faut aimer faire des photos, ce qui permet chaque fois de créer une petite mise en scène.
Je dirais aussi qu’il est conseillé de soigner le cadrage ( ce sont souvent les petits détails au second plan qui apportent un plus ).
Autres conseils :

  • Privilégier les gros plans. Photographier les plats entiers, c’est du déjà vu et cela manque d’âme.
  • Choisir des éléments de vaisselle qui parlent et qui ajoutent une touche artistique.
  • Ne pas utiliser le flash ( cela écrase la photo ) et utiliser, sur les numériques, le réglage 1600 ISO. Pour éviter tout bougé en cas de faible lumière, se servir d’un trépied.
  • Soigner les arrières-plans ( un tissu clair ou un fond uni noir, tout cela pour renforcer le contraste avec le sujet foncé ou, au contraire, clair ).

La photo s’apprend par le nombre. Plus on en fait ( c’est facile avec le numérique ), plus on s’améliore.
Comme la cuisine, en quelque sorte.”

Quelques exemples de photos d’Eléonora. (cliquer sur les images pour un agrandissement)

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